Depuis la révolution, les prix de l’immobilier en Tunisie sont orientés à la hausse et cela concerne aussi bien l’acquisition de nouveaux logements que les loyers. En plus de l’inflation élevée dans le pays et les hausses d’impôt depuis 2018, la classe moyenne commence à avoir du mal à se loger.

Hausse des prix de l’immobilier : les promoteurs immobiliers en cause ?

D’où vient cette flambée des prix ? Quelles sont les mesures avancées par l’État ? Explications avec detective-banque.fr.  

Alors que les prix de l’immobilier tunisien ont presque doublé en neuf ans, le pouvoir d’achat de la classe moyenne, de son côté, se dégrade de jour en jour. Si celle-ci constituait autrefois les principaux clients des promoteurs immobiliers, aujourd’hui elle peine à trouver un logement adapté à ses revenus. Certains ménages n’arrivent d’ailleurs même plus à se constituer une épargne, encore moins à acquérir un bien plus grand. Selon Fahmi Chaâbane, président des promoteurs immobiliers tunisiens (CSNPI), la flambée des prix de l’immobilier actuel est l’une des conséquences de la révolution dans le pays et qui se traduit par l’augmentation des coûts du foncier. Il évoque plusieurs raisons telles que :

  • La venue de spéculateurs et d’intrus sur le marché de l’immobilier tunisien : il s’agit de nouveaux acteurs qui tentent de favoriser les constructions commerciales.
  • La pénurie et l’augmentation des prix des terrains constructibles : cela est dû à l’affaiblissement du stock foncier de l’Agence Foncière d’Habitation, en particulier dans le Grand Tunis, Sfax et Sousse.
  • L’augmentation des prix des matières premières et de la main-d’œuvre : les causes en sont la mise en place de nouveaux impôts et la dépréciation progressive du dinar.
  • Les montées consécutives du taux directeur de la Banque Centrale de Tunisie : elles favorisent le renchérissement des prêts tant pour les ménages souhaitant acquérir un logement que pour les promoteurs immobiliers.
  • Les frais supplémentaires : retards, autorisations…

Comme dans de nombreux pays où l’inflation est élevée, ce sont les problèmes financiers qui empêchent les Tunisiens aux revenus modestes de réaliser leur rêve d’acquérir leur propre logement. Cette étude, menée par l’IACE, évoque toutefois qu’environ 36% de ces ménages touchent des revenus mensuels supérieurs à 1 000 dinars.

Logements neufs : la production en chute libre

Avec les montées des prix de l’immobilier depuis quelques années, les promoteurs tunisiens sont obligés de réduire leur production. En témoigne d’ailleurs la baisse du nombre de logements construits en 2018, soit 8 000 unités contre 9 000 un an plus tôt et 16 000 en 2010. La Chambre syndicale des promoteurs n’a donc pas hésité à annoncer que l’avenir de l’immobilier tunisien est réellement menacé. Ce sera d’autant plus vrai si la tendance haussière des prix des biens immobiliers se poursuit. Pour dynamiser le secteur de l’immobilier et favoriser l’acquisition de logements en Tunisie, Chaâbane propose quelques solutions :

  • Instaurer un taux fixe de 5%
  • Annuler les autorisations relatives à la vente de biens immobiliers aux étrangers

Stratégie de l’habitat : quid de cette mesure gouvernementale ?

Depuis 2014, le ministère de l’Équipement tunisien a mené plusieurs études afin d’élaborer une stratégie de l’habitat. Concrètement, celle-ci concerne différents éléments de la gestion foncière et urbaine, y compris l’optimisation des conditions de financement de projets immobiliers. En attendant, les particuliers appartenant à la classe moyenne disposent du programme « 1er Logement » pour accéder facilement à la propriété. Ce dispositif a été révisé au début de l’année 2019 afin d’assouplir les conditions relatives au remboursement des prêts immobiliers tout en élargissant les profils des personnes concernées. Pour rappel, ce programme a déjà financé plus de 760 logements fin janvier 2018. On espère donc que les dernières modifications lui apporteront des succès à l’avenir.

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